Les œufs, souvent pointés du doigt pour leur teneur en cholestérol, pourraient revenir sur le devant de la scène culinaire. Une étude récente menée par des chercheurs australiens remet en question les recommandations nutritionnelles qui les ont longtemps stigmatisés, les réhabilitant ainsi pour leurs propriétés nutritives.
Une étude qui redéfinit le cholestérol alimentaire
Pendant longtemps, les œufs ont fait l'objet de méfiance en raison de leur richesse en cholestérol, considéré comme un facteur inquiétant pour la santé cardiaque. De nombreux régimes restrictifs ont ainsi relégué cet aliment au rang des mauvais choix alimentaires. Cependant, une étude de l'université d'Australie du Sud (UniSA) publiée dans The American Journal of Clinical Nutrition a surveillé 61 adultes en bonne santé sur plusieurs semaines. Ces participants ont expérimenté trois régimes différents, tous incluant la consommation de deux œufs par jour.
Les résultats ont révélé une diminution significative du cholestérol LDL, souvent qualifié de "mauvais" cholestérol, chez les sujets ayant consommé des œufs, par rapport à ceux suivant un régime riche en graisses saturées sans œufs. Fait surprenant, le régime écartant les œufs n’a pas permis d’optimiser le taux de cholestérol LDL, défiant ainsi les attentes habituelles.
Repenser notre approche du cholestérol
Cette étude démontre que le cholestérol alimentaire n'est pas le principal coupable, car le corps génère naturellement la majorité du cholestérol circulant. En cas d'apport alimentaire élevé, il régule sa propre production pour maintenir l'équilibre. En revanche, les graisses saturées, présentes dans des aliments comme le beurre et les viandes grasses, sont bien plus problématiques pour le système cardiovasculaire. Elles incitent le foie à produire davantage de LDL, ce qui favorise l'accumulation de plaques dans les artères.
Comme l’explique le professeur Jon Buckley, principal auteur de l'étude, "Lorsqu'il s'agit d'un petit déjeuner cuisiné, il ne s'agit pas tant des œufs que des portions supplémentaires de bacon ou de saucisse." Cette perspective ouvre la voie à une réévaluation des aliments souvent mal perçus.
Des bénéfices inattendus pour la santé
Outre l'impact positif sur le cholestérol, les chercheurs ont observé un accroissement des niveaux de lutéine et de zéaxanthine chez les consommateurs d'œufs. Ces caroténoïdes sont reconnus pour leurs effets protecteurs sur la santé oculaire et cérébrale, ainsi que pour leurs propriétés anti-inflammatoires.
Ces conclusions soutiennent une méta-analyse de 2021, qui stipule qu'une consommation supérieure à un œuf par jour n'augmente pas le risque de maladies cardiovasculaires, mais pourrait même réduire celui de maladies coronariennes. Le professeur Buckley conclut que les œufs devraient à nouveau trouver leur place dans nos régimes alimentaires, rappelant qu'ils ont été injustement critiqués en raison de conseils diététiques obsolètes.







