Un amendement récemment déposé dans le cadre du projet de budget de la Sécurité Sociale envisage une augmentation de 300 % de la taxe sur l'huile de palme, ingrédient clé dans de nombreux produits alimentaires, y compris la célèbre pâte à tartiner Nutella.
Cette initiative, portée par Yves Daudigny, rapporteur de la commission, revêt un double enjeu : écologique et sanitaire. Sur le plan environnemental, la consommation d'huile de palme contribue au déboisement et à la destruction des forêts tropicales en Malaisie et en Indonésie. Sanitairement, les graisses présentes dans l'huile de palme sont vivement critiquées pour leurs effets néfastes sur la santé.
Les dangers sanitaires de l'huile de palme
L'huile de palme, que l'on trouve dans une multitude de produits industriels tels que les biscuits, gâteaux et plats préparés, est particulièrement riche en acides gras saturés. Le Dr Laurent Chevallier, médecin consultant en nutrition au CHU de Montpellier, met en lumière les risques associés à ces graisses : "Elles favorisent l’athérosclérose, qui peut entraîner une rigidification des artères et augmenter le risque d'hypertension artérielle. L'industrie alimentaire en abuse car il s'agit d'un corps gras peu coûteux qui améliore la texture de nombreux aliments."
Cependant, le Dr Chevallier prévient : il ne faut pas sombrer dans la panique. Une consommation modérée de produits contenant de l'huile de palme n’est pas nécessairement nocive. Il souligne que l'étiquetage des produits ne fournit pas toujours l'information nécessaire quant aux quantités présentes.
Une consommation souvent ignorée
Une étude de 2010 révélait que les Français consomment en moyenne 57 g d'huile de palme par mois, soit environ 10 % de leur apport maximal en acides gras saturés, souvent à leur insu. Ce lipide se cache fréquemment sous des libellés vagues tels que "huile végétale" ou "matière grasse végétale".
Pour ceux qui souhaitent réduire leur consommation d'huile de palme, il pourrait être judicieux de privilégier des produits peu transformés. Cela impliquerait néanmoins de renoncer à des classiques comme le Nutella, qu'une telle taxe devrait renforcer davantage.







