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Manger, les doigts sur la couture.
Ces histoires ne passionnent guère, cependant, il est clair qu'un mauvais avis sur un restaurant ne fait plaisir à personne. En ce qui concerne Guy Savoy, l'expérience est souvent ambivalente. Depuis une décennie, elle est teintée de repas assez bons, mais avec une pointe de déception régulière. J'éprouve toujours une certaine réticence à m'installer, le ventre noué, dans ce cadre prestigieux (18, rue Troyon, 75017 Paris ; 01 43 80 40 61).
Une soirée pleine de surprises
Le service est irréprochable, notamment grâce à un sommelier de talent, Éric Mancio. Pourtant, le repas commença de manière peu engageante : les coquilles Saint-Jacques (62 euros) et la crème de lentilles-homard (65 euros) peinaient à convaincre. Encombrées par un excès de gras d'herbes frites, ces entrées n'ont pas vraiment su séduire. J'ai ressenti une petite anxiété, comme une goutte de froid dans le dos. L'heure du bonheur semblait s'éloigner.
Des plats aux saveurs inattendues
Mais, quand le saint-pierre pour deux (150 euros) fit son apparition, tout changea. Ce plat, cuit à la perfection, était accompagné d'une garniture délicate de salsifis, noix et d'une sauce légère. L'expérience était douce, bienveillante, presque poétique. Le sommelier avait compris l'importance de ce moment et accompagna le plat avec un Condrieu et un Chassagne-Montrachet, subtils et élégants. Il ne restait plus qu'à savourer ces instants, dans le cadre masculin et chaleureux de cette salle où l'ambiance, empreinte de mélancolie, offrait une belle promesse de bonheur.
Un dessert savoureux
Le dessert, souvent négligé dans les grandes maisons, n'a pas déçu. Les mandarines poêlées, agrémentées d'une préparation pralinée, dévoilaient un savoir-faire maîtrisé, sans ostentation. À la fin, l'addition ne surprit guère et s'éleva à un total de 443 euros. Une expérience mémorable, teintée de hauts et de bas.







