La grand-messe du beaujolais nouveau a débuté hier soir.
D'abord célébré à minuit une, le beaujolais nouveau s'est fait remarquer cette année non seulement par sa tradition mais aussi par l'introduction d'un vin rosé. Vendredi dernier, les premières bouteilles furent débouchées dans les bars et restaurants, tant en France qu'à l'étranger. En ce troisième jeudi de novembre, ce vin jeune, léger et expressif, décrit par Brunio Quenioux, sommelier au Lafayette Gourmet, voit des talents variés, du goût de la banane jusqu'à la fraise tagada selon Jean Frédéric Guidoni, restaurateur parisien. Ce vin est l'occasion idéale pour des soirées conviviales.
Le site www.beaujolaisnouveautime.com rappelle de ne pas se compliquer la vie : le beaujolais, exclusivement élaboré à partir du cépage gamay, récolté en septembre et vinifié rapidement, ne se garde pas longtemps. Son potentiel se limite à six mois après sa mise en bouteille. Son charme réside dans sa légèreté, parfait pour réchauffer les cœurs lors d'une soirée entre amis.
Des manifestations à l'échelle européenne
Ce vin festif crée chaque année un véritable engouement. En effet, environ 50 millions de bouteilles, soit un tiers de la production totale, sont consommées globalement. La nuit dernière, à Beaujeu, haute en couleur pour la 19ème édition des Sarmentelles, plus de 10 000 personnes étaient présentes. Les célébrations s'organisent également à Moscou et à Milan, où le beaujolais s'impose comme un incontournable. Un guide recensant les établissements offrant ce vin a été distribué à cette occasion.
A Prague, 50 bistrots traditionnels se sont parés des couleurs de l'appellation lyonnaise pour faire déguster le millésime aux notes de framboise. Le beaujolais, en pleine effervescence, s'adapte aux nouvelles tendances, notamment avec son rosé, lancé pour séduire une clientèle en quête de fraîcheur.
Lutte contre la concurrence croissante
Confrontés à une concurrence accrue, les producteurs de vins d'autres régions françaises cherchent à capitaliser sur le phénomène en organisant leur propre célébration à partir du troisième jeudi d'octobre. Bien que ces initiatives soient en vogue, elles n’égalisent pas encore le rayonnement du beaujolais. Dominique Piron, vice-président de l'Inter Beaujolais, souligne que malgré ces défis, le beaujolais nouveau continue d'incarner une référence festive.
Cependant, cette renommée cache des difficultés. Les vignerons se questionnent : doivent-ils continuer à promouvoir le beaujolais nouveau ou mettre davantage en avant leurs crus ? Pendant que le vin jeune attire les foules, les excellents crus peinent à se vendre sur le marché. Une stratégie de valorisation est cruciale pour redéfinir l'image du beaujolais sur les marchés internationaux.







