Environ 60% des Français consomment occasionnellement des compléments alimentaires, mais une mauvaise utilisation peut s'avérer dangereuse. Selon le Syndicat national des compléments alimentaires (Synadiet), une enquête de 2024 révèle que 61% des participants admettent avoir pris au moins un complément au cours des deux dernières années, un chiffre stable malgré l'inflation. Pourtant, cette pratique n’est pas sans risques.
Un contexte alarmant aux États-Unis
La tendance à la supplémentation a conduit à une augmentation inquiétante des cas d'insuffisance hépatique liée à l'usage excessif de compléments alimentaires. Une étude de 2021 montre que le nombre de cas a été multiplié par huit en 25 ans, ce qui a même prolongé les délais d'attente pour les greffes de foie. En 2022, 43% des lésions hépatiques d'origine médicamenteuse étaient liées à ces produits.
Se supplémenter en connaissance de cause
Il est crucial de se complémenter avec prudence. Le docteur Marwan Ghabril, hépatologue, souligne l'absence de preuves concluant à l'importance des compléments à base de plantes pour une santé optimale. Cependant, certaines périodes, comme la grossesse, justifient une supplémentation, par exemple avec de l'acide folique, bénéfique pour le développement du fœtus.
Les risques à surveiller : dosages et interactions
Lors de la consommation de compléments, il est essentiel d'être vigilant vis-à-vis du dosage. Comme le dit le docteur Darius Mozaffarian, « plus ne signifie pas nécessairement meilleur », et des doses excessives peuvent entraîner des effets indésirables, allant de troubles gastro-intestinaux à des problèmes cardiaques. Les femmes sont particulièrement exposées au risque de surdosage en raison de leur poids corporel généralement inférieur.
Il est aussi important de considérer les interactions entre compléments et médicaments. Une combinaison inappropriée peut produire des effets nocifs. Il est donc recommandé de consulter un professionnel de santé avant de commencer tous types de supplémentations, une précaution réitérée par Santé publique France.







