Gagnée par la fièvre de la fève, elle a quitté le droit pour rejoindre son père au sein de la maison Jacques Genin. Elle y invente de nouvelles variations cacaotées et en bouscule le management. Rencontre pour fondre de plaisir à l'approche de Pâques.
Chocolatière dans l'âme, Jade Genin, fille du chef pâtissier Jacques Genin, a découvert sa vocation il y a deux ans en abandonnant sa carrière d'avocate dans un cabinet international. Sa mère, ayant une vision très académique des études, lui avait inculqué l'idée qu'une carrière manuelle était réservée aux âmes d'exception. "J'ai grandi avec cette mentalité, passant d'un bac S à un cursus en droit des affaires", confie-t-elle.
Un parcours révélateur
Bien qu'elle ait réussi dans le monde des affaires, Jade ressentait un vide. "Dès mon premier stage en 2014, j'ai compris que cette voie ne me correspondait pas", dit-elle. Après une profonde réflexion, elle découvre l'épanouissement au sein de l'atelier familial, où elle a passé de nombreuses heures à observer son père. En mai 2018, elle prend une décision audacieuse : démissionner pour plonger dans le monde du chocolat.
Faire ses preuves en chocolat
À son arrivée dans le laboratoire de la rue de Turenne, Jade se montre humble et discrète. "Je voulais prouver ma valeur sans être uniquement perçue comme la fille du patron", explique-t-elle. Malgré l'absence d'un certificat d'aptitude professionnelle, elle maîtrise rapidement les techniques. En 2019, elle prend les commandes de l'équipe chocolat et confiserie tout en gardant son père en pâtisserie. "Dans quelques années, j'espère prendre les rênes de la maison, bien que travailler sous l'autorité parentale soit un défi", ajoute-t-elle.
"L'objectif est que, dans trois ou quatre ans, je prenne les rênes de la maison"
Jade parvient à apporter des touches personnelles au sein de la maison, tout en respectant l'identité de celle-ci. Elle enrichit la gamme de chocolats avec de nouvelles recettes, comme une barre chocolatée aux noix de pécan et à l'anis. "Je souhaite élargir notre offre avec des créations inspirées de différentes cultures, tout en améliorant notre management", souligne-t-elle.
Un management innovant
Pour Jade, instaurer une atmosphère de travail bienveillante est primordial. L'expérience acquise dans un cabinet d'avocats l'inspire à changer les normes du secteur. "Je veux que mon équipe sache qu'il n'est pas normal de crier sur quelqu'un au travail. Je leur dis souvent : 'Respire, prends ton temps'. Le stress nuit à leur travail", explique-t-elle. Elle cherche à substituer la culture punitive de son père par une approche plus douce.
Son engagement en faveur de bonnes pratiques ne s'arrête pas là. Aux côtés de chefs comme Marion Goettlé et Manon Fleury, Jade fonde une association pour sensibiliser les jeunes aux violences dans le milieu de la cuisine. Avec ces initiatives, elle aspire à faire de Jacques Genin, une référence de la douceur et non seulement de la chocolaterie.
Jacques Genin, 133, rue de Turenne, 75003 Paris.







