Le croque-notes de François Simon. Aujourd'hui, le Cercle à Bourges
Vous connaissez notre steward, n'est-ce pas ? Régulièrement, il nous entraîne sur les routes de France pour découvrir des trésors cachés. Sa quête inlassable nous a menés à des villes comme Saint-Just-Saint-Rambert, Montceau-les-Mines et Thil-sur-Arroux. Doué pour dénicher les adresses discrètes, il sait également apprécier les établissements de renom. Pourtant, même un chef de cabine aussi talentueux que lui s'avère parfois difficile à joindre. C'est sans lui que je me suis récemment rendu à Obernai (Bas-Rhin) à la Fourchette des Ducs. Son dépit fut immense : "Quoi ? Tu y es allé sans moi, moi qui rêvais de leurs jambonnettes de cuisses de grenouille ?" Cette photo, qu'il avait patiemment affichée au-dessus de son lit, lui donne des envies d'évasion gastronomique.
En attendant, nous avons pris la direction du Cercle, situé au 44, boulevard Lahitolle à Bourges. À peine arrivés, le chauffeur de taxi nous livre un constat peu engageant : "Attendons de voir, il faut les laisser faire leurs preuves." Cette remarque, à la fois sarcastique et vraie, suggère qu'un restaurant qui n'a pas encore fermé doit avoir du potentiel. Cela ne nous dissuade pas de réserver une table dans ce lieu prometteur. Les deux chefs, Christophe Lot et Pascal Chaupitre, ont conçu un concept original : chaque plat est présenté en deux versions, à trois minutes d'intervalle. Par exemple, le saumon est servi d'abord simplement, puis accompagné de légumes de saison, offrant ainsi une expérience fascinante.
- Les plats sont pensés pour surprendre.
- L'ambiance reste conviviale et chaleureuse.
Pour commencer, nous avons opté pour la Saint-Jacques, servie avec une purée de potimarron citronnée, suivie d'une préparation aux agrumes. Cette approche novatrice a même conduit le serveur à nous surprendre avec des formulations créatives. À noter que le saumon, en fait, n'a pas été fumé par le chef, mais par "les soins du chef". Ne serait-ce pas l’émergence d’un nouveau courant culinaire dans le Berry ? Pendant que le steward rêvait encore de ses cuisses de grenouille, nous avons été enchantés par une fourme d'Ambert délicieusement affinée, accompagnée d'une gaufre recouverte de chantilly et de lentilles du Berry. L’addition, heureusement, n’était pas doublée, et le service était des plus agréables. Au final, une cuisine savoureuse qui mérite d’être découverte, comptez 60 euros pour un repas complet, avec des formules à partir de 25 euros.







