Interview. - À 32 ans, Chloé Charles s'engage à réduire notre empreinte carbone par le biais de la cuisine. Ancienne chef de Fulgurances à Paris, elle initie d'autres restaurateurs à l'art du « zéro gaspillage » et défend une cuisine plus humaine. Découvrez son parcours inspirant.
Chloé Charles ambitionne de préserver notre planète à travers chaque bouchée. Diplômée de l'école Ferrandi et ayant travaillé aux côtés de chefs renommés tels que Bertrand Grébaud et David Toutain, elle valorise les produits de saison et respecte l'usage total de chaque ingrédient. Aujourd'hui chef à domicile, elle réinvente des recettes axées sur les légumes, souvent délaissés dans les plats. Lors d'une récente conférence à l'INA sur le « Fast food / Slow food : quel futur pour l'alimentation ? », elle a partagé sa vision d'une cuisine empathique.
Un parcours engagé vers une cuisine durable
Madame Figaro. - Comment s'est développé votre engagement envers une cuisine respectueuse de l'environnement ?
Chloé Charles. - Mon engagement est né lors de mon apprentissage à l'Épi Dupin, sous la tutelle du chef François Pasteau, qui prônait l'accessibilité de la gastronomie. Il m'a appris à exploiter chaque produit et à lutter contre le gaspillage non par souci écologique au départ, mais plutôt pour des raisons économiques. Mon expérience avec des chefs influents m’a également sensibilisée à l'importance du respect des producteurs.
Réduire le gaspillage : une nécessité
Comment lutte-t-on contre le gaspillage alimentaire en cuisine ?
Il existe trois sources principales de déchets en cuisine. Tout d'abord, les sous-produits des aliments, comme les fanes de légumes ou les arêtes de poissons, qui peuvent être transformés pour créer des plats savoureux. Ensuite, dans la restauration collective, la gestion des retours d'assiettes représente une grande partie du gaspillage. Enfin, les produits périmés qui ne sont pas utilisés avant d’être jetés sont une perte double : d'alimentation et de ressources. Sensibiliser les clients sur la quantité à commander peut réduire la surconsommation.
Cuisiner éthique et solidaire
Votre engagement ne se limite pas à l'alimentation. Quel impact avez-vous eu avec des associations comme Le Recho ou Singa ?
Participer à ces associations m’a rapprochée de l’humain et de l’aspect collectif de la cuisine. Je partage mes compétences avec des personnes réfugiées qui souhaitent s’immerger dans la culture culinaire française. Chaque expérience m’enrichit également, confirmant que la gastronomie peut être un vecteur de solidarité et d’apprentissage.
Et pour l’avenir ? Quels sont vos projets ?
Je prévois d'ouvrir un espace à Paris en octobre, qui ne sera pas un restaurant conventionnel, mais une table d'hôtes destinée à des événements privés. Je continue aussi mes services de chef à domicile, pour des occasions variées. J'ai soif de diversité dans mes expériences culinaires !
Pour des prestations de cuisine sur-mesure, rendez-vous sur Chloecharlescuisine.com.







