La célèbre union de consommateurs Que Choisir a récemment examiné le phénomène skyr, cette spécialité laitière islandaise qui conquiert les rayons des supermarchés. Sa texture unique, en plein entre le yaourt et le fromage frais, séduit de nombreux consommateurs, mais les résultats de cette étude soulèvent des questions importantes.
Le skyr, fabriqué à partir de lait écrémé et enrichi en cultures de bactéries lactiques, se distingue par sa faible teneur en matières grasses et sa richesse en protéines. Malgré ses attraits nutritionnels indéniables, l'UFC-Que Choisir met en garde : le prix du skyr, avoisinant les 9 € par kilo pour des marques renommées, peut être entre 3 et 6 fois supérieur à celui d’un fromage blanc allégé, laissant planer le doute sur son rapport qualité-prix.
Les protéines : un besoin déjà satisfait
Bien que le skyr contienne en moyenne 30 % de protéines en plus qu’un fromage blanc allégé, cela n'est pas nécessaire pour la majorité de la population, comme l’indique l’UFC-Que Choisir. De nombreux Français, y compris ceux qui suivent un régime végétarien, consomment déjà des quantités de protéines suffisantes. La nutritionniste Claire Gaudichon souligne que notre apport en protéines est généralement conforme aux recommandations, même pour les sportifs d’endurance, rendant donc l'augmentation de cette consommation rarissime.
Une attention particulière pour les seniors
Le skyr présente cependant un intérêt notable pour les personnes âgées, en particulier celles de plus de 60 ans. En effet, avec l’âge, la perte de masse musculaire est un phénomène courant, connu sous le nom de sarcopénie. Dans ce contexte, les protéines jouent un rôle crucial pour préserver la force musculaire. Chaque portion de skyr pourrait apporter quelques grammes supplémentaires de protéines par rapport aux fromages blancs allégés, apport non négligeable pour cette tranche de population, comme l’indique Stéphane Walrand, chercheur à l'Inrae.







