En s'inspirant de l'alimentation de nos ancêtres, le régime paléo prétend lutter contre divers maux modernes. Mais faut-il vraiment chasser le gibier ? Ne risque-t-on pas des carences ? Décortiquons ensemble ces idées reçues.
Manger comme nos ancêtres pour vivre plus longtemps, telle est la promesse du régime paléo. Ce mode de nutrition séduit de plus en plus de personnes, mais soulève également de nombreuses interrogations. Faut-il chasser pour être paléo ? Consommer de la viande à chaque repas ? Analysons les idées reçues sur cette diète ancienne.
Une alimentation ancestrale ?
Pas tout à fait. Le régime paléo s'inspire de ce que nos ancêtres du paléolithique consommaient (3 millions à 10 000 avant J.-C.). À cette époque, l'homme vivait de chasse et de cueillette, en ne cultivant pas encore sa nourriture. Le régime exclut donc tous les produits transformés, comme les céréales, les légumineuses, le sucre raffiné, et tous les aliments industriels, y compris les sodas et charcuteries. Le créateur de ce régime, Loren Cordain, professeur à l'université d'État du Colorado, met ainsi l'accent sur la viande, les fruits et légumes, considérés comme les piliers de l'alimentation paléolithique.
Cependant, certains chercheurs remettent en question cette vision. Des études anthropologiques, comme celles publiées dans la revue Nature en 2012, montrent que les plantes, feuilles et fruits étaient plus fréquents dans l'alimentation de nos ancêtres que la viande, souvent trop rare.
Des nutritionnistes comme Marion Kaplan, auteur de La Paléobiotique, adoptent une approche plus flexible, permettant certaines exceptions pour adapter ce régime à nos modes de vie modernes, comme l'introduction de céréales sans gluten.
Viande à volonté ?
Faux. On ne se nourrit pas uniquement de viande crue trois fois par jour. Bien que les protéines animales constituent la base de la pyramide paléo, elles ne sont pas les seules. Il est possible d’adopter un régime paléo tout en étant végétarien, car les fruits et légumes jouent également un rôle prépondérant. Marion Kaplan souligne que la viande de l'époque n'est pas comparable à celle d'aujourd'hui, et qu'il est essentiel d'ajuster nos apports alimentaires à la vie contemporaine. Consommer moins de viande rouge et privilégier des produits de qualité est donc recommandé.
Diète amincissante ou pas ?
Pas nécessairement. Le but principal de ce régime est d'améliorer la santé générale. Bien qu'il puisse aider à réduire le mauvais cholestérol et à lutter contre le diabète, les maux de tête et les problèmes digestifs, de nombreux adeptes constatent une légère perte de poids en évitant les produits industriels trop riches en sucres et en graisses.
Est-ce dangereux ? Oui et non. Si les partisans vantent les bienfaits du régime paléo, certains professionnels de santé se préoccupent des carences potentielles, liées à de nombreuses restrictions alimentaires. Un rapport de 2014 des diététiciens britanniques a même classé ce régime parmi les moins sûrs. Selon eux, l'absence de céréales, de légumineuses et de produits laitiers pourrait augmenter le risque de carences nutritives.
L'excès de protéines animales pose également question. Des études, comme celles parues dans Jama Internal Medicine en 2016, suggèrent que cela peut augmenter le risque de mortalité, ainsi que de maladies cardiovasculaires et de hypertension. Cela dit, des experts, comme ceux de l'association britannique des diététiciens, reconnaissent aussi certains avantages, comme l'élimination des aliments transformés. Une approche plus modérée, à l'image de celle de Marion Kaplan, pourrait diminuer certains risques pour la santé.
(1) La Paléobiotique, de Marion Kaplan, Éditions Thierry Souccar, 12,99 €.







