Le pionnier de la chocolaterie de luxe fête ses trente ans.
Depuis trois décennies, Robert Linxe, affectueusement appelé "le sorcier de la ganache", défend la vision d'un chocolat de qualité supérieure. Pour marquer cet anniversaire, la marque a entièrement repensé le design de ses boutiques, tout en intégrant Gilles Marshall, ancien chef pâtissier au Bristol, pour dynamiser son offre.
Ce principe fondamental, "ce qui n'est pas très bon est mauvais", est souvent rappelé par Mr. Linxe à son fils. Cette quête de perfection a nourri l'exigence du créateur de la Maison du Chocolat. "Cela me pousse à m'améliorer sans cesse", précise-t-il, soulignant que sa rigueur vient davantage de sa formation musicale que de ses origines. En effet, rien ne prédisposait Robert à devenir l'artisan chocolatier renommé que l'auteur Jean-Paul Aron a surnommé "le sorcier de la ganache". C'est pourtant sa jeunesse basque, à Bayonne, havre de fèves de cacao, qui a nourri son amour pour le chocolat.
La genèse de la chocolaterie de luxe
La passion pour le chocolat s’est révélée dès l’enfance, chez un oncle restaurateur à Bordeaux. À sept ans, Robert se souvient d'avoir goûté à des chocolats fourrés au lait, une saveur qui l’a marqué à vie. Plus tard, il rêve de Paris et décide de se former à la chocolaterie en Suisse, mais les coûts limitent son apprentissage à un mois et demi. Néanmoins, il est mordu par le virus du cacao et de la précision.
De retour à Paris, il entreprend de perfectionner son art dans une pâtisserie. À 25 ans, encouragé par des amis, il transforme une pâtisserie-confiserie parisienne, la Marquise de Presle, en un traiteur florissant, mais ne dure pas longtemps. Quand il revend l'établissement avec succès, l'envie d'explorer de nouveaux horizons le pousse à ouvrir sa première boutique de chocolat en 1977, au 225, rue du Faubourg-Saint-Honoré, près de la célèbre Salle Pleyel. La Maison du Chocolat est née, avec pour premiers clients, des mélomanes et musiciens.
L'identité visuelle de la marque, façonnée par le décorateur Arnaud Saez, inclut des éléments emblématiques comme les meubles en chêne et une boîte en cacao inspirée par le maroquin, rappelant le luxe d'Hermès. Le style adopté allie des chocolats peu sucrés, un équilibre parfait entre grands crus de cacao et ingrédients sélectionnés tout autour du monde.
Évolution face à la concurrence
Aujourd'hui, La Maison du Chocolat est une référence dans le domaine, mais fait face à des compétiteurs redoutables comme Jean-Paul Hévin et Pierre Marcolini, ainsi qu’à des pâtissiers innovants qui redéfinissent les traditions chocolatées. Ces nouveaux acteurs, par leur audace en matière de présentation et de packaging, font évoluer la perception du chocolat, auparavant considéré comme un luxe discret.
Pour garder son statut d'icône, la marque s'ouvre à l’ère numérique avec des recettes éducatives et une boutique en ligne. En mars, elle accueillera Gilles Marshall comme directeur de la création pour étoffer son offre, tandis que son réseau s'étend avec des boutiques à Tokyo et à New York, en plus de son empreinte parisienne. La Maison du Chocolat continue de façonner l'avenir de la chocolaterie de luxe, tout en répondant à une clientèle de plus en plus variée.







