Dans un article publié par The Conversation, Beverley O’Hara, maître de conférences en nutrition à l’Université Leeds Beckett, met en garde contre la tendance à diaboliser les aliments ultra-transformés. Elle souligne que cela peut mener à des conséquences regrettables pour la santé publique.
Il est généralement admis que les aliments ultra-transformés peuvent contribuer à de nombreux problèmes de santé, y compris l'obésité, le diabète de type 2 et les maladies cardiovasculaires. Certaines études ont même lié la surconsommation de ces aliments à l'augmentation de l'infertilité chez les hommes.
Un discours à réévaluer
Cependant, O’Hara insiste sur le fait qu'il est temps de cesser de stigmatiser ces produits. Selon elle, cette diabolisation conduit à nourrir la culpabilité, l’anxiété, et peut même stigmatiser les populations à faibles revenus, qui consomment souvent ces aliments par nécessité.
De plus, elle alerte sur l'utilisation de l'expression "aliments ultra-transformés", qui est devenue un terme fourre-tout.
- Un classement moral des aliments : O'Hara note que ce terme a été dénaturé, utilisant une approche simpliste pour définir ce qui est bon ou mauvais dans nos assiettes.
- Risques de désinformation : En présentant des informations de manière absolue, les gens deviennent plus susceptibles de tomber dans des pièges de désinformation.
Une vision plus large
Beverley O’Hara souligne aussi que les défis liés à l’alimentation ne dépendent pas seulement des choix individuels, mais aussi des systèmes sociaux et économiques. Ne pas considérer ces éléments peut gâcher des conversations cruciales sur la santé publique.
Elle met également en avant l’importance de l’innovation dans l’industrie alimentaire pour répondre à des enjeux modernes comme la nutrition et l’écologie. "Créer de la peur autour de la transformation des aliments entrave les progrès nécessaires", insiste-t-elle.
Vers une communication responsable
Enfin, O'Hara plaide pour une communication plus éclairée sur la nutrition. Selon elle, il est essentiel que les experts en santé publique soient dûment qualifiés pour aborder ces questions. "Les gens méritent des conseils qui les responsabilisent plutôt que de les égarer", déclare-t-elle.
En conclusion, elle recommande de réduire l'utilisation expansive du terme "aliments ultra-transformés", car cela ne contribuerait pas à des choix alimentaires éclairés. Au lieu de cela, les discussions devraient se concentrer sur les preuves scientifiques, l’équité et l’éducation pour bâtir un système alimentaire plus sain.







